Bienvenue !

Vous voici au bout du monde
    Entre les photos d'ici ou là-bas
        Les voyages de ceux qui vont ailleurs
            Et les pensées vagabondes en tout genre

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Bon vent,
Julie


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Lundi 19 mai 2008
    Sept-Iles, c'est en quelque sorte la dernière ville avant le bout du monde. Activités industrielles au milieu de l'immensité de la forêt boréale, en bordure du fleuve. Sur les hauteurs de la presqu'île, la neige est encore bien présente. En face, c'est la plus grosse aluminerie d'Amérique en terme de production annuelle, principal employeur de la ville. La route n'est arrivée ici qu'il y a une cinquantaine d'années à peine, la ville est donc jeune. Je passe là quelques jours ; la grisaille m'incitera à récupérer le retard de sommeil accumulé ces dernières semaines.
    Première promenade sous le soleil, je me dirige immancablement vers la mer. La baie est magnifique, la mer, transparente. Brise marine. Il y a encore un peu de glace dans la marina. Réminiscences de sud tunisien. Est-ce le côté bordélique, les bâtiments délabrés, les constructions inachevées, le charivari de fil électriques ? Ou les rues mangées par le sable ? Les gros pick-up Ford me ramènent en Amérique. Le bureau d'information touristique vaut le détour, rien que pour l'état de la bâtisse. Cube de briques rouges dont l'enseigne délavée mesure le quart de la façade. Le vent semble souffler en permanence sur cette petit ville. Au-delà, s'égrainent les villages de pêcheurs de la Côte Nord.















    La météo des jours suivants est digne d'un mois de novembre normand. Balade dans les rues de Uashat, réserve innue. Nous sommes ici dans un autre monde, bien loin du Québec. Derrière la fenêtre barriolée de la garderie, un jeune garçon me regarde passer. Je lui renvoie son sourire. Visite du musée Shaputuan, petit musée sans prétention, regroupant une expo permanente sur les traditions innues, et une expo temporaire réalisée par des artistes locaux. L'accueil qui m'est réservé est tout simplement extraordinaire. Jean, le directeur du musée, vient à ma rencontre et me parle des traditions de son peuple. A ce moment là je n'ai plus qu'une envie : qu'il ne s'arrête jamais de parler ! Je ne suis jamais ressortie aussi enrichie de la visite d'un musée. Et émue, de ce partage démesuré de connaissances.


    Le coup de vent ne passe pas, je reporte donc ma sortie vers la rivière Moisie, mythique rivière à saumons. Balade du côté du port de pêche, si paisible sous la bruine. Le cri d'un goéland, le ronronnement d'un bateau donnent un peu de vie sonore à ce décor monochrome. Sept-Iles, avec sa promenade aménagée sur les bords de l'eau, me fait penser à un Mimizan des 50èmes.








    1er mai : il neige ! De gros flocons chargés d'humidité s'écrasent au sol. Décidément, l'hiver joue les prolongations. Je prolonge moi aussi mon séjour à Sept-Iles, et poursuivrai ma route vers Havre St-Pierre demain. Le Québec ne cessera donc jamais de m'étonner. Il y a quelques jours je me promenais en t-shirt, aujourd'hui je marche dans une fine couche de neige fraîche ! 1er mai, jour des surprises. J'envoie un mot à Laura, qui profite pleinement du soleil mexicain, lorsque je sens une présence à côté de moi. Sylvain ! Alors ça... On peut dire que je ne m'y attendais pas. Il est arrivé à Sept-Iles dans la soirée, avec l'intuition que j'y serai. Il s'en fallait de peu pourtant, s'il avait fait beau je serais partie le matin même vers Havre St-Pierre. Vraiment contente de le retrouver.





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Lundi 19 mai 2008
    6 heures. J'arrive juste à temps pour sauter dans le bus en direction de Matane. Le soleil chauffe déjà. Doucement, comme par une belle journée de printemps québécois. La baie de Rimouski est magnifique au petit matin, la mer est haute. Le Saint-Laurent, majestueux fleuve-océan, est d'huile et brille sous le soleil. Les reliefs du Bic se détachent en arrière-plan, à l'ouest. Saint-Laurent. C'est en grande partie lui qui m'a attirée au Québec, à Rimouski. Il me faisait rêver. Et il continue, maintenant que je l'ai sous les yeux.
    Mes pensées se portent vers mon voyage qui vient de débuter. Traverser, aller voir de près cette Côte Nord qui me nargue chaque jour où je l'aperçois depuis Rimouski. Je pense aux amis rencontrés cette année, des gens que je suis si heureuse d'avoir croisés sur mon chemin ! Laura, Jannick, Mireille avec qui c'était un bonheur de travailler. La gang du Cèdre évidemment, Sarah, Jordan et les autres. Et, d'une façon générale, tous ceux avec qui j'ai partagé de bons moments, Québécois et Français.
    La bonne étoile du voyageur est avec moi aujourd'hui. Arrivée à Matane, des gens à qui je demandais mon chemin ont tôt fait de m'emmener jusqu'au traversier. Deux heures de traversée bien agréable, je somnole au soleil sur le pont.




    A l'approche de Godbout, un vent frais se fait sentir, comme venu directement de l'Arctique. Godbout, petit village niché entre des falaises de granite et dont l'église au toit vert vif attire le premier regard, depuis le large. La forêt boréale descend des falaises et vient côtoyer le Saint-Laurent où barbotent eiders et goélands. Au sud du fleuve, par-dessus la brume, on peut distinguer la neige sur les sommets de la Gaspésie.





    Après-midi d'attente. Méditation et réflexion. Souvenirs aussi. Balade dans le village, sieste sur la plage. Ecriture et lecture. Même l'attente peut avoir du bon. Quelqu'un s'arrête, me propose d'embarquer avec lui. Dommage, nous n'allons pas dans la même direction. Je ferai donc la suite du voyage en bus. Cavalcade sur la fameuse route 138, la Route des Baleines. La neige est encore abondante ici, et les lacs partiellement gelés. La forêt s'étend à perte de vue vers le nord.
    J'arrive à Sept-Iles dans la soirée. Auberge chaleureuse et colorée, aménagée dans une ancienne école. Je souhaitais me coucher illico, mais c'était sans compter la convivialité des auberges québécoises. Un monsieur me demande un coup de main en informatique : graver un CD, ce ne devrait pas être long... Sauf que le gars est bavard, très bavard. Et j'ai beau lui dire que je suis debout depuis 4 heures ce matin, rien n'y fait ! Je parviens finalement à le semer et à m'écrouler d'un sommeil de plomb.

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Lundi 19 mai 2008
    Le 25 avril s'achevait la session d'hiver, et avec elle mon année d'études à Rimouski. Année riche en rencontres, en découvertes, en émotions aussi. La fin de session a été particulièrement ardue. Début mars nous regardions d'un air effaré nos agendas, nous demandant comment nous allions pouvoir tout boucler dans les temps... Et bien, je ne sais toujours pas comment nous avons fait, mais nous y sommes parvenus !
    Au Québec, l'arrivée du printemps est aussi synonyme d'érable. La sève remonte dans les arbres qui fournissent alors leur fameux sirop. L'occasion pour la gang de biologistes que nous sommes, de nous retrouver à la cabane à sucre d'Emilie. Le temps d'oublier, l'espace d'une soirée, les rapports et exposés en tout genre. Fort sympathique soirée. De quoi se gaver de sucre, de quoi se ressourcer avant d'entamer un mois d'avril chargé.
    Le temps passe plus vite lorsqu'on est occupé. Doublement plus vite lorsqu'on est débordé. La fin de la session est arrivée à une vitesse vertigineuse. Beaucoup d'émotions en tout genre, de sentiments contradictoires, entre la fin d'une belle année, le stress des examens, l'envie d'être en vacances et de vadrouiller sur les routes du Québec, puis de retrouver Piriac, la famille et les amis. Je n'aimerai sûrement jamais les départs. Quitter le Québec ne sera pas des plus faciles.
    La dynamique équipe de l'asso des étudiants de bio avait organisé un bal des finissants pour célébrer la fin du bacc, et la fin de l'année ici pour nous autres Français. Comme dans les films. Classieux. Mais les robes de soirée et les costards ne masquent en rien la convivialité des soirées québécoises. Belle façon de clore l'année !
    Après un samedi de repos et de préparatifs, je suis enfin partie vagabonder dans la Belle Province. Trois semaines d'un formidable voyage, l'un des meilleurs que j'aie vécus. Succession de surprises, de rencontres et d'échanges, de paysages grandioses entre mer et forêt. De quoi tomber amoureuse du pays, si cela n'avait pas déjà été fait.

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Mardi 1 avril 2008
    Pour clore la Semaine de l'Environnement, Sarah proposait une balade sur la banquise. Cette activité n'a pas eu le succès escompté, cela ne nous a cependant pas empêchés d'aller nous y promener. Belle balade sous le soleil de fin d'hiver, avec Sarah, sa soeur et ses jeunes enfants, Sébastien et sa fiancée.

    ULM survolant la banquise, entre la ville de Rimouski et l'île Saint-Barnabé

    Au coeur de l'hiver, lorsque la glace est suffisamment solidifiée, est installé près de l'embouchure de la Rivière Rimouski un village de pêcheurs. Avec l'arrivée (très progressive !) du printemps et la fragilisation de la banquise, ces cabanes colorées ont été retirées vers la terre ferme.


    Que serait un village sans chapelle ?

    Mais si les cabanes ont été enlevées, la glace supporte encore parfaitement le poids d'un homme. Pour continuer à se protéger du vent, les pêcheurs construisent des murs de neige et de glace, paravents naturels reposant sur la banquise. Au moins ils ne risquent pas de s'envoler comme les parasols des touristes sur la plage !




    Une canne à pêche, un trou dans la glace : voici la pêche blanche.

    On pourra dire que cet hiver j'aurai fait une cure de neige !

    A perte de vue...
    En réalité, la glace ne s'étend pas à l'infini comme on pourrait le croire en voyant la photo, ou en étant là où j'étais pour la prendre. Quand on prend un peu d'altitude (à l'université, par exemple), on s'aperçoit qu'elle s'arrête avant l'île Saint-Barnabé, comme sur d'autres photos publiées récemment.

    Craque sur la banquise. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas actuellement qu'elles sont les plus surnoises, mais au plus froid de l'hiver : imaginez la surface approchant les -30°C tandis que l'eau en dessous est à 4°C...

    Vue sur la ville et l'embouchure de la Rivière Rimouski se jettant dans le Saint-Laurent

    J'ai marché sur l'eau !!! ok, elle était gelée...


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Mardi 1 avril 2008
    Encore quelques clichés saisis au retour de l'université, une fin de belle après-midi aux lumières printanières.



    Reflet


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Mardi 1 avril 2008
    La semaine dernière, le Cèdre organisait une Semaine de l'Environnement au sein de l'université, riche en activités ayant toutes pour but de faire parler de l'enironnement : discussion avec un philosophe, conférences sur l'écoforesterie, l'éco-bâtiment et la biodiversité, dégustation de produits Bio... En plus de cela, un "Environnement Salon" avait été installé sur la scène de l'Atrium, espace convivial où se poser et échanger. Le concept a tellement plu qu'une pétition circule actuellement pour que ce salon reste installé de façon permanente à l'université ! Cette semaine a été un beau succès, tant par le nombre de participants aux différentes activités que par les échos très positifs que nous avons eu depuis.
    Plus personnellement, c'était la première fois que je participais à l'organisation d'un tel évènement. Expérience très intéressante et enrichissante, que je referai volontiers... dans l'idéal en ayant un peu plus de temps à y consacrer !

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Dimanche 23 mars 2008
    Depuis un mois environ, la météo joue au yoyo, alternant des journées ensoleillées à l'avant-goût printannier et des épisodes de neige importants. Il y a deux semaines nous avons eu une grosse tempête de neige, comme il y en a une fois dans l'année : neige, vent, routes fermées, copains coincés aux quatre coins de la province la veille de la reprise des cours...

    21 mars, jour du printemps !
    Une grosse tempête a de nouveau balayé l'ensemble de la Belle Province, Rimouski se trouvant en son coeur. Rafales enregistrées à 110km/h au plus fort de la tempête, près de 80cm de neige tombés en moins de 2 jours ! Avec ça, les températures ont chuté autour des -10°C, -20°C avec le facteur vent ! N'ayant rien prévu d'important et aimant les tempêtes, j'ai trouvé ça chouette. Mais les amies parties rejoindre leur famille dans la région de Montréal et qui se sont retrouvées coincées dans un village à 80km de Rimouski, sans moyen de continuer ou de faire demi-tour ne seront sûrement pas de mon avis ! C'est aussi ça, la réalité de la vie dans le rude hiver québécois.

    Au réveil vendredi matin, voici ce que je pouvais voir par ma fenêtre !

    Nuages, chutes de neige et tourbillons de poudreuse fraîche...


    Visibilité : nulle !

    24 heures après, ça continue ! Petit aperçu des lumières particulières des nuits de tempête de neige... Car oui, ces photos ont été prises aux environs de minuit.


    Le lendemain matin, quelques flocons tournoient encore dans un ciel qui a repris un peu d'altitude.

    Que diriez-vous d'un petit déjeuner sur la terrasse pour fêter l'arrivée du printemps ?

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Dimanche 23 mars 2008
    Redoux, grand ciel bleu, oiseaux qui chantent le matin... la fin de l'hiver approche tranquillement. Enfin, nous sommes à Rimouski, la neige et la banquise sont encore bien présentes, et quand je parle de redoux, comprennez des températures entre 0 et 5°C !

    L'immensité du fleuve Saint-Laurent, dans des camaïeux de blancs et de bleus.




    Fondre comme neige au soleil...

    Immensité canadienne : le chemin de fer reliant Montréal à la Gaspésie.


    A propos du ciel, Julia avait raison, il paraît étonnemment plus grand ici que chez nous... est-ce dû à ces grands espaces qui se déroulent à l'infini ?

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Samedi 8 mars 2008
    Petite promenade avec Tina sur les bords du fleuve Saint-Laurent, entre deux tempêtes de neige.
    Ici, même si les températures remontent doucement, c'est encore l'hiver. Le fleuve forme une belle banquise sur toute l'étendue de la baie de Rimouski, craquelée par endroits par les actions répétées des marées.

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    La nuit tombe peu à peu sur la ville et sa baie
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    Noir & blanc
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Mercredi 5 mars 2008
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