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Bon vent,
Julie


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Jeudi 11 septembre 2008

     Réveillée par les rayons d'un soleil timide ; la ville dort encore. 

Nuages gris, gouttes éparses. Je lève le camp en une minute ; c'est l'avantage de voyager simplement. Bruine. J'attends l'arrivée du bus, à bord duquel je poursuis ma nuit. Entre deux sommes, j'observe les reliefs abrupts. C'est donc ça, la Gaspésie : éboulis anthracites et versants forestiers enneigés. Gaspé. Le ciel ne s'est pas dégagé. Je sors de la ville à pied, retrouvant un temps le plaisir de la marche. Un pas après l'autre, ne penser à rien. Ou se perdre dans les songes... Tendant le pouce, je ne tarde pas à être embarquée. Mon second chauffeur me déposera juste devant la porte de l'auberge ! Alexa me reçoit d'un accueil chaleureux (pléonasme au Québec). Il pleut, et je suis pour le moins fatiguée de ces trois jours sur la route. Je prend le temps de m'installer, et fais la connaissance des trois bénévoles, Ellen, Nicolas et Bérengère, avec qui je passerai la soirée.


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Jeudi 11 septembre 2008

     Cette journée marque la fin de notre périple sur la Côte Nord. Sylvain se dirige vers Montréal où il doit rejoindre sa famille, et je m'apprête à retraverser le fleuve pour une dizaine de jours en Gaspésie. Nous saluons Brigitte et quittons l'auberge sans avoir déjeuné. Nous marchons d'un bon pas, pour ne pas louper l'unique bus de la journée. Je pourrais m'endormir sans peine, mais je lutte. Je ne veux pas. Je veux partager ces derniers kilomètres sur la 138 avec Sylvain. Il fait de même. Nous ne parlons pas beaucoup, de temps à autre nous désignons un point dans le paysage. C'est notre façon de vivre ensemble ce moment. Le bus fait une pause à Rivière-Pentecôte. Plage de sable, neige, épinettes. 

Godbout. Me revoilà dans ce petit village encaissé à l'église colorée.

 

Dire au revoir à Sylvain. Qui sait où et quand nous nous reverrons ? Voyager ensemble a été un réel plaisir. L'après-midi à Godbout ressemble étrangement à celui passé ici il y a dix jours. 

Attente. Retour au statut du voyageur solitaire. Écriture, lecture, sieste au soleil. 17 heures, le traversier quitte le port. Je quitte la Côte Nord. Où je reviendrai, il le faut. Je reste ébahie par la beauté de ses paysages.

     Peu avant de débarquer, me reste la question du transport jusqu'au dépanneur d'où part le bus. Je n'ai pas l'intention de dormir à Matane, et le jour où je ferai sept kilomètres à pied en moins de vingt minutes n'est pas arrivé. Je demande autour de moi, et me retrouver rapidement avec trois propositions. J'opte pour la personne dont la voiture sera la première à sortir du bateau. Changement de transport maîtrisé en métronome : j'arrive au dépanneur deux minutes à peine avant le départ du bus ! La route oscille entre les bords du fleuve et les premiers reliefs des Appalaches. Cap-Chat : baie tranquille au crépuscule, les lumières des habitations se reflétant dans l'eau des flaques laissées par la marée. J'arrive en soirée à Sainte-Anne-des-Monts. Prenant le chemin de l'auberge de jeunesse, je me dirige vers le fleuve... et décide de m'installer sur ses bords pour une nuit à la belle étoile. Folie que de dormir dehors au Québec début mai ! Mais emmitouflée dans mon duvet, j'observe la Petite Ourse et ses voisines qui scintillent au-dessus de ma tête, et n'échangerait ma place pour rien au monde.


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Jeudi 11 septembre 2008
      Réveil matinal. Yves a rendez-vous chez le garagiste... à Sept-Iles, à 225 kilomètres de là ! Comme nous devons y retourner, il nous a proposé de faire la route avec lui. Il est cinq heures lorsque nous quittons Havre St-Pierre. Le soleil est levé depuis un moment déjà. Belles lumières du matin sur la baie et les étendues de tourbière. À Havre St-Pierre, nous sommes à deux pas de la limite du pergélisol sporadique, c'est-à-dire qu'en certains endroits le sol est gelé toute l'année. Le Nord ne se fait pas oublier... Nous arrivons à l'auberge de Sept-Iles vers huit heures et y passons la matinée. C'est l'été aujourd'hui. Thé au soleil sur la terrasse. Brève promenade le long de la baie ; nous faisons un stop à la poissonnerie et achetons du crabe pour notre déjeuner. Odeurs de vacances. Nouvelle balade ; nous marchons dans un étonnant sous-bois : épinettes vert printemps, sable, aiguilles de conifères, chaleur presque estivale. Nous nous croirions dans les Landes ! Quelques pas de plus, nous passons à l'ombre, et nous nous enfonçons dans la neige...


Retour au port, nous restons un long moment sur les enrochements.





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Jeudi 11 septembre 2008

 

     Il est à peine huit heures et il fait déjà chaud, ce matin. Je me glisse silencieusement hors de la chambre, et vais m'installer sur la plage que l'on aperçoit depuis le gîte, face à une baie d'une grande beauté. Calme, sauvage, ensoleillée. J'y passerai là deux heures. Écriture et contemplation. Je rejoins Sylvain pour un petit déjeuner québécois où nous sommes servis comme des rois. Nous marchons sur la plage dans ce cadre idyllique, et nous y posons pour la totalité de l'après-midi. Mer, sable, soleil. Cette eau si calme appelle à la baignade... mais le souvenir des blocs de glace dans les criques et rivières voisines rafraîchit vite les idées ! De nombreux oiseaux sillonnent le ciel : goélands, eiders, oies, guillemots. Gros coup de coeur pour cette baie. Havre St-Pierre est une belle petite ville, pleine de charme, perdue dans l'immensité d'une nature sauvage. Et je suis heureuse de partager ces quelques jours ici avec Sylvain. Pique-nique de l'autre côté de la pointe, où nous assistons à un magnifique coucher de soleil sur une seconde baie, abritée par quelques îles de l'Archipel de Minganie. Une fois que le soleil a disparu cependant, la température chute rapidement et repasse sous les zéro degrés pour la nuit ; nous ne restons pas longtemps. Nous passerons un bref moment avec Luc avant de le quitter.

     Sympathique échange avec Françoise, tenancière du gîte et originaire de Havre St-Pierre, qui nous raconte que l'été depuis son balcon, elle peut observer les baleines sauter dans la baie. Elle nous parle de ses sorties sur les îles avec le bateau de son père, lorsqu'elle était enfant. Prochain voyage... Yves, son conjoint, nous dépose à la sortie de la ville pour une nouvelle tentative de stop ratée. Nous voulions aller à Natashquan, là où la route s'arrête, mais les rares voitures qui passent ne vont pas plus loin que la zone de villégiature. Le bout du monde ne sera pas nôtre. Pas cette fois-ci. 

Raison de plus pour revenir dans cette région dont l'immensité et la beauté sauvage nous fascinent. En fin de matinée, nous regagnons la plage, où nous passerons le reste de la journée. 

Rêves de raid en kayak dans l'archipel... Plouf ! Le bruit d'un caillou tombé du ciel me sort de mes songes : un petit rapace noir et blanc ressort de l'eau, un poisson plat entre les serres. Balbuzard. Nous le reverrons deux ou trois fois. 

Retour au gîte en longeant la plage. Tout est si paisible...


     Grisaille. Balade dans les ruelles, puis sur le port. Odeurs de poisson fumé. Dans la baie, un bateau pêche. 

Le soleil revient peu à peu. Nous passons sans y prêter attention devant la maison de Luc. Il nous hèle et nous invite à entrer quelques minutes. Début d'après-midi sur la plage. Les jours se suivent et se ressemblent délicieusement. Yves et Françoise nous prêtent leurs vélos, nous partons pour une belle promenade jusqu'au belvédère où nous étions avec Luc. À vélo sur la Route 138 ! Forêt, tourbière. Aulnes et épinettes. Puis la mer, avec cet air du large si discret à Rimouski. Bretons heureux face au Golfe du Saint-Laurent. Ce soir, c'est resto. Chez Julie, nous nous offrons un véritable festin.


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Lundi 19 mai 2008
    Matinée à l'auberge avec Sylvain. Aujourd'hui, nous poursuivons notre route vers le bout du monde. Je n'ai pas réussi à joindre Andrew, le contact susceptible de nous héberger à Havre St-Pierre, mais nous partons quand même. Une fois sur place nous trouverons bien un toit pour nous loger. J'apprécie beaucoup, de reprendre la route avec Sylvain. Nous sortons de la ville en longeant la mer, puis tendons le pouce, bien décidés à embarquer dans la première voiture en direction de l'est. Tout le monde, depuis que je suis arrivée au Québec, m'a affirmé que le pouce fonctionnait très bien. Est-ce la pluie ? La région ? Parce que nous sommes deux ? Que nous avons nos gros sacs ? Que nous faisons peur ? La seule certitude, c'est que notre tentative s'avère un échec. Une rencontre impromptue illumine notre grisaille. Un Montréalais anglophone échange avec nous quelques mots avant de poursuivre son chemin. Energumène. J'aime. Faute de lift, nous changeons notre fusil d'épaule et grimpons dans le bus.
    La route se déroule sur des centaines de kilomètres, craquelée par les gels et dégels successifs. De part et d'autre, la forêt s'étend à l'infini. Lorsque nous passons sur les hauteurs d'une colline, nous apercevons le fleuve. Au large, un trait gris, plus sombre, plus net : l'île d'Anticosti. Nous passons furtivement devant la chute Manitou gonflée par la fonte de la neige et les pluies des derniers jours. De même que les nombreux cours d'eau que nous franchissons tout au long du voyage. Bouillon printannier à zéro degré. Au loin à l'est, face à nous, un bout de ciel bleu laisse présager d'une météo plus clémente à Havre St-Pierre. Tout est si sauvage... De Sept-Iles à Sheldrake, s'étendent 115 kilomètres de nature sauvage, puissante, inhabitée. Les grands espaces canadiens bien mieux que tout ce qu'on peut imaginer depuis l'Europe, au-delà du 50ème parallèle. Sheldrake. Je me réveille juste avant l'arrivée dans le village. Un beau soleil de fin de journée illumine le paysage. La mer est magnifique, comme toujours. Je me méfiais des illusions, mais c'est fort probable que ce j'ai aperçu soit un aileron. Petit rorqual. Ces baleines sont connues pour s'approcher des côtes et dont l'évent est la plupart du temps invisible. Brève halte à Rivière-au-Tonnerre, baignée d'une belle lumière dorée. La beauté des paysages me fait rapidement oublier notre tentative de stop ratée. Falaises marbrées de rouge et de brun. La rivière St-Jean charrie de gros blocs de glace vers la mer. A mesure que nous avançons, la forêt laisse place à de vastes étendues de tourbière, paradis pour les oies en migration. Deux bernaches confirment mes pensées en survolant le bus.
    Nous arrivons à Havre St-Pierre avec le soleil couchant. La route à suivre est simple, Andrew n'habite pas loin. A la demande de Sylvain, je m'apprête à prendre une photo, lorsqu'une fille nous hèle. Vous venez d'arriver ? Vous dormez où ? Son ami, Luc, est tout aussi jovial et sympathique. Vous êtes Bretons ou vous êtes Français ? Une chance pour nous, d'être tous deux Bretons ! J'avais déjà pu constater qu'être Bretonne constituait une bonne carte de visite au Québec, mais de là à distinguer les deux nationalités... Luc et Daisy nous déposent chez Andrew. Absent. Qu'à cela ne tienne, ils nous emmènent à une autre auberge. Ils cessent leurs activités. La troisième adresse sera la bonne, le très accueillant gîte Chez Françoise. Avec vue sur la mer, s'il vous plaît ! Fatigués, nous discutons de l'étonnante journée que nous venons de vivre. La joie des voyages. Luc revient nous chercher, il nous emmène manger une bonne poutine. Parfait repas pour deux affamés fatigués. Petit tour en voiture jusqu'au belvédère, d'où nous voyons les lumières de la ville, mais surtout une multitude d'étoiles plus brillantes les unes que les autres. La seule fois où j'en ai vu autant, je crois, c'était dans le désert tunisien.
Ciel parfaitement dégagé, aucune pollution visuelle. De retour au gîte, nous discutons encore un peu avec Sylvain. Nous sommes heureux d'être ici, de partager ce bout de route décidément plein de surprises.

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Lundi 19 mai 2008
    Sept-Iles, c'est en quelque sorte la dernière ville avant le bout du monde. Activités industrielles au milieu de l'immensité de la forêt boréale, en bordure du fleuve. Sur les hauteurs de la presqu'île, la neige est encore bien présente. En face, c'est la plus grosse aluminerie d'Amérique en terme de production annuelle, principal employeur de la ville. La route n'est arrivée ici qu'il y a une cinquantaine d'années à peine, la ville est donc jeune. Je passe là quelques jours ; la grisaille m'incitera à récupérer le retard de sommeil accumulé ces dernières semaines.
    Première promenade sous le soleil, je me dirige immancablement vers la mer. La baie est magnifique, la mer, transparente. Brise marine. Il y a encore un peu de glace dans la marina. Réminiscences de sud tunisien. Est-ce le côté bordélique, les bâtiments délabrés, les constructions inachevées, le charivari de fil électriques ? Ou les rues mangées par le sable ? Les gros pick-up Ford me ramènent en Amérique. Le bureau d'information touristique vaut le détour, rien que pour l'état de la bâtisse. Cube de briques rouges dont l'enseigne délavée mesure le quart de la façade. Le vent semble souffler en permanence sur cette petit ville. Au-delà, s'égrainent les villages de pêcheurs de la Côte Nord.















    La météo des jours suivants est digne d'un mois de novembre normand. Balade dans les rues de Uashat, réserve innue. Nous sommes ici dans un autre monde, bien loin du Québec. Derrière la fenêtre barriolée de la garderie, un jeune garçon me regarde passer. Je lui renvoie son sourire. Visite du musée Shaputuan, petit musée sans prétention, regroupant une expo permanente sur les traditions innues, et une expo temporaire réalisée par des artistes locaux. L'accueil qui m'est réservé est tout simplement extraordinaire. Jean, le directeur du musée, vient à ma rencontre et me parle des traditions de son peuple. A ce moment là je n'ai plus qu'une envie : qu'il ne s'arrête jamais de parler ! Je ne suis jamais ressortie aussi enrichie de la visite d'un musée. Et émue, de ce partage démesuré de connaissances.


    Le coup de vent ne passe pas, je reporte donc ma sortie vers la rivière Moisie, mythique rivière à saumons. Balade du côté du port de pêche, si paisible sous la bruine. Le cri d'un goéland, le ronronnement d'un bateau donnent un peu de vie sonore à ce décor monochrome. Sept-Iles, avec sa promenade aménagée sur les bords de l'eau, me fait penser à un Mimizan des 50èmes.








    1er mai : il neige ! De gros flocons chargés d'humidité s'écrasent au sol. Décidément, l'hiver joue les prolongations. Je prolonge moi aussi mon séjour à Sept-Iles, et poursuivrai ma route vers Havre St-Pierre demain. Le Québec ne cessera donc jamais de m'étonner. Il y a quelques jours je me promenais en t-shirt, aujourd'hui je marche dans une fine couche de neige fraîche ! 1er mai, jour des surprises. J'envoie un mot à Laura, qui profite pleinement du soleil mexicain, lorsque je sens une présence à côté de moi. Sylvain ! Alors ça... On peut dire que je ne m'y attendais pas. Il est arrivé à Sept-Iles dans la soirée, avec l'intuition que j'y serai. Il s'en fallait de peu pourtant, s'il avait fait beau je serais partie le matin même vers Havre St-Pierre. Vraiment contente de le retrouver.




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Lundi 19 mai 2008
    6 heures. J'arrive juste à temps pour sauter dans le bus en direction de Matane. Le soleil chauffe déjà. Doucement, comme par une belle journée de printemps québécois. La baie de Rimouski est magnifique au petit matin, la mer est haute. Le Saint-Laurent, majestueux fleuve-océan, est d'huile et brille sous le soleil. Les reliefs du Bic se détachent en arrière-plan, à l'ouest. Saint-Laurent. C'est en grande partie lui qui m'a attirée au Québec, à Rimouski. Il me faisait rêver. Et il continue, maintenant que je l'ai sous les yeux.
    Mes pensées se portent vers mon voyage qui vient de débuter. Traverser, aller voir de près cette Côte Nord qui me nargue chaque jour où je l'aperçois depuis Rimouski. Je pense aux amis rencontrés cette année, des gens que je suis si heureuse d'avoir croisés sur mon chemin ! Laura, Jannick, Mireille avec qui c'était un bonheur de travailler. La gang du Cèdre évidemment, Sarah, Jordan et les autres. Et, d'une façon générale, tous ceux avec qui j'ai partagé de bons moments, Québécois et Français.
    La bonne étoile du voyageur est avec moi aujourd'hui. Arrivée à Matane, des gens à qui je demandais mon chemin ont tôt fait de m'emmener jusqu'au traversier. Deux heures de traversée bien agréable, je somnole au soleil sur le pont.




    A l'approche de Godbout, un vent frais se fait sentir, comme venu directement de l'Arctique. Godbout, petit village niché entre des falaises de granite et dont l'église au toit vert vif attire le premier regard, depuis le large. La forêt boréale descend des falaises et vient côtoyer le Saint-Laurent où barbotent eiders et goélands. Au sud du fleuve, par-dessus la brume, on peut distinguer la neige sur les sommets de la Gaspésie.





    Après-midi d'attente. Méditation et réflexion. Souvenirs aussi. Balade dans le village, sieste sur la plage. Ecriture et lecture. Même l'attente peut avoir du bon. Quelqu'un s'arrête, me propose d'embarquer avec lui. Dommage, nous n'allons pas dans la même direction. Je ferai donc la suite du voyage en bus. Cavalcade sur la fameuse route 138, la Route des Baleines. La neige est encore abondante ici, et les lacs partiellement gelés. La forêt s'étend à perte de vue vers le nord.
    J'arrive à Sept-Iles dans la soirée. Auberge chaleureuse et colorée, aménagée dans une ancienne école. Je souhaitais me coucher illico, mais c'était sans compter la convivialité des auberges québécoises. Un monsieur me demande un coup de main en informatique : graver un CD, ce ne devrait pas être long... Sauf que le gars est bavard, très bavard. Et j'ai beau lui dire que je suis debout depuis 4 heures ce matin, rien n'y fait ! Je parviens finalement à le semer et à m'écrouler d'un sommeil de plomb.

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Lundi 19 mai 2008
    Le 25 avril s'achevait la session d'hiver, et avec elle mon année d'études à Rimouski. Année riche en rencontres, en découvertes, en émotions aussi. La fin de session a été particulièrement ardue. Début mars nous regardions d'un air effaré nos agendas, nous demandant comment nous allions pouvoir tout boucler dans les temps... Et bien, je ne sais toujours pas comment nous avons fait, mais nous y sommes parvenus !
    Au Québec, l'arrivée du printemps est aussi synonyme d'érable. La sève remonte dans les arbres qui fournissent alors leur fameux sirop. L'occasion pour la gang de biologistes que nous sommes, de nous retrouver à la cabane à sucre d'Emilie. Le temps d'oublier, l'espace d'une soirée, les rapports et exposés en tout genre. Fort sympathique soirée. De quoi se gaver de sucre, de quoi se ressourcer avant d'entamer un mois d'avril chargé.
    Le temps passe plus vite lorsqu'on est occupé. Doublement plus vite lorsqu'on est débordé. La fin de la session est arrivée à une vitesse vertigineuse. Beaucoup d'émotions en tout genre, de sentiments contradictoires, entre la fin d'une belle année, le stress des examens, l'envie d'être en vacances et de vadrouiller sur les routes du Québec, puis de retrouver Piriac, la famille et les amis. Je n'aimerai sûrement jamais les départs. Quitter le Québec ne sera pas des plus faciles.
    La dynamique équipe de l'asso des étudiants de bio avait organisé un bal des finissants pour célébrer la fin du bacc, et la fin de l'année ici pour nous autres Français. Comme dans les films. Classieux. Mais les robes de soirée et les costards ne masquent en rien la convivialité des soirées québécoises. Belle façon de clore l'année !
    Après un samedi de repos et de préparatifs, je suis enfin partie vagabonder dans la Belle Province. Trois semaines d'un formidable voyage, l'un des meilleurs que j'aie vécus. Succession de surprises, de rencontres et d'échanges, de paysages grandioses entre mer et forêt. De quoi tomber amoureuse du pays, si cela n'avait pas déjà été fait.

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Mardi 1 avril 2008
    Pour clore la Semaine de l'Environnement, Sarah proposait une balade sur la banquise. Cette activité n'a pas eu le succès escompté, cela ne nous a cependant pas empêchés d'aller nous y promener. Belle balade sous le soleil de fin d'hiver, avec Sarah, sa soeur et ses jeunes enfants, Sébastien et sa fiancée.

    ULM survolant la banquise, entre la ville de Rimouski et l'île Saint-Barnabé

    Au coeur de l'hiver, lorsque la glace est suffisamment solidifiée, est installé près de l'embouchure de la Rivière Rimouski un village de pêcheurs. Avec l'arrivée (très progressive !) du printemps et la fragilisation de la banquise, ces cabanes colorées ont été retirées vers la terre ferme.


    Que serait un village sans chapelle ?

    Mais si les cabanes ont été enlevées, la glace supporte encore parfaitement le poids d'un homme. Pour continuer à se protéger du vent, les pêcheurs construisent des murs de neige et de glace, paravents naturels reposant sur la banquise. Au moins ils ne risquent pas de s'envoler comme les parasols des touristes sur la plage !




    Une canne à pêche, un trou dans la glace : voici la pêche blanche.

    On pourra dire que cet hiver j'aurai fait une cure de neige !

    A perte de vue...
    En réalité, la glace ne s'étend pas à l'infini comme on pourrait le croire en voyant la photo, ou en étant là où j'étais pour la prendre. Quand on prend un peu d'altitude (à l'université, par exemple), on s'aperçoit qu'elle s'arrête avant l'île Saint-Barnabé, comme sur d'autres photos publiées récemment.

    Craque sur la banquise. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas actuellement qu'elles sont les plus surnoises, mais au plus froid de l'hiver : imaginez la surface approchant les -30°C tandis que l'eau en dessous est à 4°C...

    Vue sur la ville et l'embouchure de la Rivière Rimouski se jettant dans le Saint-Laurent

    J'ai marché sur l'eau !!! ok, elle était gelée...


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Mardi 1 avril 2008
    Encore quelques clichés saisis au retour de l'université, une fin de belle après-midi aux lumières printanières.



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